Les douleurs menstruelles concernent 50 à 90 % des femmes en âge de procréer et peuvent, pour certaines, fortement impacter la vie quotidienne. Absentéisme à l’école ou au travail, fatigue, mal-être… Qu’elles soient physiologiques, hormonales ou pathologiques, il est essentiel d’offrir aux femmes des alternatives aux médicaments pour mieux gérer leur cycle menstruel.
Et si la kinésithérapie pouvait jouer ce rôle ? Dysménorrhée primaire, endométriose ou autres troubles du cycle : quelles sont les techniques de kinésithérapie les plus efficaces pour améliorer le bien-être menstruel des femmes ?
Points clés
- La dysménorrhée primaire est la cause la plus fréquente de douleurs menstruelles.
- La kinésithérapie (physiothérapie, exercices, thérapie manuelle) peut atténuer les symptômes liés à la DP et la dysménorrhée secondaire.
- Les études restent limitées, mais la recherche encourage l’intégration de la kinésithérapie dans un parcours de soin multidisciplinaire.
- Le SPM peut également bénéficier de la kinésithérapie.
Dysménorrhée primaire (DP) : la cause la plus fréquente de douleurs menstruelles
La DP se manifeste par des douleurs menstruelles sous forme de crampes ressenties dans le bas-ventre, juste avant ou pendant les règles. Liée aux contractions utérines, elle est l’une des causes les plus fréquentes de gênes pelviennes chez la femme.
Des études (1) montrent que la kinésithérapie peut atténuer ces symptômes grâce à plusieurs interventions, telles que :
La physiothérapie
Parmi les techniques de physiothérapie les plus étudiées, on peut retrouver :
- Le TENS (stimulation électrique nerveuse transcutanée : dispositif qui envoie de petites impulsions électriques à travers la peau.
- Le kinésiotape : bandes neuromusculaires adhésives appliquées sur la peau avec une certaine tension.
Ces méthodes modulent la perception de la douleur, améliorent la circulation locale et facilitent la détente musculaire. Elles permettent également de réduire la fatigue, l’inconfort ou l’anxiété, souvent associée à la DP.
Les exercices thérapeutiques
Différents types d’exercices contribuent à diminuer les symptômes liées à la menstruation :
- exercices actifs (renforcement, résistance ou isométriques) ;
- yoga ;
- étirements.
Les exercices de résistance (2) ) semblent les plus efficaces pour atténuer rapidement l’intensité de la douleur, tandis que le renforcement du tronc offre des bénéfices durables.
L’astuce : combiner différents types d’exercices !
La thérapie manuelle (TM)
La TM regroupe plusieurs techniques visant un objectif commun : augmenter la mobilité des tissus et réduire les tensions. Elles comprennent :
- la mobilisation des tissus conjonctifs (fascias) ;
- le massage abdominal.
Les exercices de relaxation
Certains procédés de relaxation sont également utilisés :
- La relaxation musculaire progressive de Jacobson : consiste en une alternance de contractions et de relâchements musculaires.
- Les exercices respiratoires : incluent la respiration abdominale et des postures respiratoires associées à l’exercice.
Leur but ? Diminuer la tension musculaire et favoriser la détente générale.
Dysménorrhée secondaire : focus sur l’endométriose
La dysménorrhée secondaire correspond à des douleurs menstruelles causées par une pathologie gynécologique sous-jacente. L’endométriose en est l’une des principales.
Les symptômes peuvent inclurent des règles douloureuses, des douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie) et dans certains cas, l’infertilité.
La kinésithérapie (3) peut jouer un rôle de soutien dans la gestion de ces troubles, à l’aide de ces différentes méthodes :
La physiothérapie
Parmi les techniques les plus efficaces, on retrouve :
- Le TENS ;
- La thérapie laser.
La thérapie laser, qui présente peu d’effets secondaires, utilise la lumière pour réduire l’inflammation des tissus et favoriser leur réparation.
La physiothérapie se montre particulièrement efficace pour soulager l’inconfort pelvien, réduire les douleurs pendant les rapports et améliorer la lubrification.
Les exercices actifs
Les exercices actifs incluent :
- Le renforcement musculaire ;
- Les exercices posturaux ;
- Les étirements doux ;
- La mobilité articulaire.
Ils stabilisent le bassin, détendent les muscles et assouplissent les tissus et articulations.
La thérapie manuelle
Concernant la thérapie manuelle, on retrouve notamment :
- le massage de Thiele ;
- la mobilisation des tissus mous et des articulations du bassin.
Le massage de Thiele, combinant mobilisations et pressions sur le plancher pelvien, est particulièrement utilisé pour diminuer les spasmes musculaires.
Autres troubles du cycle pouvant bénéficier de la kiné
Syndrome Pré Menstruelle (SPM)
Le SPM regroupe des symptômes physiques et psychologiques qui apparaissent dans les jours précédant les menstruations. Ils incluent la fatigue, les troubles de l’humeur, les ballonnements, la sensibilité des seins, les maux de tête, etc.
Des chercheurs (4) ont trouvé que différentes formes d’exercices sont associées à une réduction significative de ses symptômes :
- exercices aérobiques (marche rapide, jogging, cyclisme) ;
- entraînement de résistance (musculation, bandes de résistance) ;
- yoga (postures, respiration, méditation).
Chez les femmes présentant un SPM, l’activité physique régulière – notamment le yoga et les exercices aérobiques – a permis d’améliorer le bien-être prémenstruel. Lorsqu’elle est encadrée par un kinésithérapeute, cette pratique devient un moyen sûr et adapté pour gérer ces symptômes.
Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK)
Le SOPK est un trouble hormonal fréquent chez les femmes en âge de procréer, marqué par des cycles irréguliers, des règles absentes ou douloureuses et des symptômes prémenstruels.
Les données de la kinésithérapie dans sa prise en charge restent limitées, mais certaines études exploratoires se sont intéressées au rôle de différentes approches manuelles :
- La manipulation viscérale (5) serait associée à une réduction des symptômes.
- Les techniques manuelles et fasciales (relâchement musculaire, mobilisation fasciale(6) pourraient favoriser le confort et la qualité de vie des femmes atteintes de ce trouble.
Ces méthodes, qui n’agissent pas directement sur la fertilité ou les mécanismes hormonaux, nécessitent d’être davantage étudiées dans le cadre d’une prise en charge multidisciplinaire.
Kiné : solution viable pour soulager le cycle menstruel ?
Les interventions de kinésithérapie montrent des résultats positifs dans la réduction de la douleur et des déséquilibres liées au cycle menstruel.
Ces douleurs, souvent sous-estimées malgré la souffrance qu’elles provoquent, sont majoritairement traitées par des hormones, des antalgiques ou des anti-inflammatoires. Il est aujourd’hui nécessaire de proposer des méthodes alternatives pour limiter la dépendance aux médicaments et leurs effets indésirables.
Pour les femmes souhaitant une approche naturelle ou présentant des contre-indications aux traitements classiques, la kinésithérapie apparaît comme une option intéressante et non-invasive.
Parmi les différentes techniques étudiées, la physiothérapie, les exercices et la thérapie manuelle sont considérés comme les plus efficaces pour améliorer le bien-être des femmes pendant la période menstruelle. Un programme personnalisé intégrant ces soins permettrait d’ajuster l’accompagnement à chaque patiente.
D’ autre part, l’éducation des patientes, l’auto-prise en charge ainsi qu’une activité physique régulière semblent également essentielles pour gérer au mieux les douleurs. Comprendre son cycle et apprendre à écouter son corps constitue souvent une première étape essentielle. Dans ce contexte, la kinésithérapie pourrait devenir à l’avenir un outil complémentaire précieux et s’intégrer (enfin !) dans un parcours de soin multidisciplinaire.
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Sources
- (1) www.mdpi.com
- (2) https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov
- (3) https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov
- (4) https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
- (5) https://www.degruyterbrill.com
- (6) https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov
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Ancienne kinésithérapeute, je suis aujourd’hui rédactrice web spécialisée en santé et bien-être. J’aime partager des astuces et informations pour aider chacun·e à mieux comprendre et prendre soin de son corps et de son esprit.